Des femmes sous tension

On ne peut qu’être étonné par le jeu empreint d’une grande vérité des jeunes acteurs dont la majorité est issue d’un Conservatoire Supérieur d’Art dramatique de Paris. « Cela a été une autre facette déterminante de ce projet. Ce film est aussi un film sur une certaine jeunesse d’aujourd’hui, sur sa résilience et sur son idéalisme. Avec ma coscénariste, Catherine Paillé, nous avons donc commencé par les rencontrer un à un, pour mieux les connaître. Nous voulions comprendre d’où ils venaient, quelle était leur histoire mais aussi appréhender leur humour, leur regard sur le monde, leurs rêves, leurs désirs pour trouver à leurs côtés le souffle d’une jeunesse contemporaine », poursuit Léa Fehrer.

En créant les personnages à partir des comédiens, elle donne un ton particulier à son film, une grande véracité, sans pour autant tracer une vision idyllique de ce métier où certaines craquent devant les enjeux, la pression du quotidien et les conditions de travail qui se sont indéniablement dégradées. Et où une responsable, au visage marqué par la fatigue, ne trouve à dire à des parents dévastés : « On a été débordés… »

Film choral, Sages-femmes porte un regard tendre, mais jamais naïf, ni stéréotypé, sur un milieu mal connu et sur une profession très idéaliste, comme en témoigne la séquence où l’un des garçons de l’équipe héberge, au grand dam de certains, une mère nigérienne et son bébé dans sa chambre, et ce malgré les risques encourus.

« Le monde de demain est entre nos mains« , tel est le slogan que porte sur sa blouse une sage-femme lors d’une manifestation et qui montre aussi que ce film fin et très humain agit aussi comme un cri d’alarme.

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