Comme s’il était devenu étranger à la ville, Felice déambule dans les vieilles rues, découvrant que son plus vieil ami d’enfance, est devenu un chef mafieux qui agit avec une rare violence. Malgré tout, et malgré le danger que l’on sent peser sur ses épaules, il n’a de cesse que de revoir Oreste. Et cette détermination est la clé centrale d’un récit mené de main de maître.
Pour porter un tel personnage, il fallait un sacré comédien et Pierfrancesco Favino en est un. On se souvient de sa prestation impeccable dans Le Traître, de Marco Bellocchio. Avec une économie de gestes et de mots, le comédien parvient à faire passer une foule d’émotions ressenties par Felice, parfois sa peur, et, jusqu’au terme du drame, Pierfrancesco Favino montre à quel point les ombres du passé sont lourdes à passer.
Ce film noir, subtil, est ainsi remarquablement joué, y compris par les seconds rôles, notamment Francesco Di Leva, qui campe le père Luigi qui ose parler haut et fort contre l’emprise du Milieu, sans pour autant être une grenouille de bénitier.
