Jasmila Zbanic montre avec un réalisme impressionnant, sans pour autant tomber dans des moments de violence gratuite, comment jouer les traducteurs dans un tel climat de confusion et de tension devient un calvaire et ce, d’autant plus que ses proches, son mari et ses enfants, font partie des civils regroupés dans ce camp qui peut vite devenir un piège.
Travaillant pour l’ONU, mais étant bosniaque, Aïda, magnifiquement jouée avec une économie de gestes par Jasna Djuricic, croit dans une organisation qui semble vite dépassée par les enjeux du conflit. À cet égard, Johan Heldenbergh prouve, une fois encore, comment il peut incarner une multitude de personnages avec le même talent. Et en officier de l’ONU, il symbolise bien à quel point son Organisation est dépassée par la violence de cette guerre ethnique et l’impossibilité de faire revenir rapidement la paix.
La sobriété de la mise en scène, qui laisse l’horreur loin de l’objectif, rend cette histoire extrêmement prenante et met en « vedette » cette femme aussi résistante que combattive et dont le tempérament ressort d’autant plus que les « mâles » ne se comportent pas avec un grand courage !
