Le silence et la prison

Au fil de cette enquête, menée sans grands effets oratoires ni pathos, le duo de réalisateurs montrent comment les parties civiles voient leurs plaintes laissées en déshérence, comment les conditions de détention peuvent devenir indignes ou comment encore on a affaire à un silence institutionnalisé même quand un sénateur pose des questions au ministre de la Justice.

Ils ne remettent pas en cause la détention mais posent la question de savoir comment un jeune gars de 18 ans, Sacha, emprisonné à la maison d’arrêt de Saint-Brieuc pour un vol de 2 000 euros dans sa caisse d’une grande surface, parviendra à se donner la mort après une première tentative de suicide qui n’a pas alerté l’administration.

Un ancien officier pénitentiaire témoigne aussi de certains emballements et du jour où il a eu la pommette ouverte par le coup de poing d’un gardien, à l’origine destinée à un détenu qui était immobilisé à terre et complètement maîtrisé.

Fin juin, dans un rapport, Dominique Simonnot, contrêleuse générale des lieux de privatisation de liberté dénonçait la surpopulation carcérale et pointait du doigt l’inaction de l’état. Certes le sujet n’est pas médiatiquement et politiquement « vendeur », mais un tel documentaire est un puissant cri d’alarme et pousse à agir dans une démocratie digne de ce nom.

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