Symboliquement, Polanski montre comment Picquart est prisonnier des bureaux vétustes du Renseignement, de ce bâtiment aussi oppressant que sale avec des pièces figées dans leur négligé, des agents qui officient dans des salles enfumées, des couloirs fissurés…
Démontrant les rouages d’une machination qui provoquera un des plus grands scandales politiques du siècle, et qui est mondialement connu, filmant aussi bien les filatures, les procès que les haines s’exprimant sur le pré – le duel entre Picquart et son subordonné Henry est un modèle du genre et exprime par le jeu parfait du duo Dujardin-Gadebois la haine opposant deux visions du monde – Polanski signe un grand film et décrit cette France pas encore passée dans le siècle nouveau et marquée du fer rouge de la défaite de 1870. Un vrai thriller politique servi par un casting irréprochable.
