Ayant longuement rencontré Zahia et Fettouma Ziouani, ainsi que leurs parents, pour puiser dans leurs récits, Marie-Castille Mention-Schaar signe donc un film aux allures de documentaire et qui montre bien les embûches que doit affronter une jeune fille pour devenir cheffe d’orchestre. Et Zahia Ziouani a accompagné Oulaya Amamra, qui n’avait aucune formation musicale, pour lui permettre d’être crédible à l’écran. Elle raconte : « On est reparties des bases les plus simples : apprendre à différencier les instruments à vent des instruments à corde, différencier à l’oreille un violoncelle d’un violon, et comprendre comment les sons des instruments interagissaient entre eux… Ensuite, j’ai appris par cœur les morceaux que j’allais diriger, les gestes qui allaient avec, et j’ai beaucoup travailler la technique. »
On aimerait adorer autant le film que l’histoire de ces deux filles poussées par la même passion. Les bons sentiments ne font pas toujours la différence et la mise en scène, très classique et sage – dans la séquence finale notamment – , ne parvient pas vraiment à restituer la fièvre créatrice des deux sœurs. Par ailleurs, le casting est solide et, comme à son habitude, Niels Arestrup joue avec un grand naturel, ce chef d’orchestre dur et a priori pas très favorable à l’arrivée de femmes dans l’univers très fermé des chefs.
