Dans cet opus d’une totale noirceur, Vincent Macaigne surprend et casse l’image de personnage un peu lunaire auquel le cinéma nous a habitués et signe une composition surprenante de ce toubib en perdition qui erre dans un Paris nocturne, traversé par d’étranges pèlerins. Il est une espèce de guérisseur qui veille sur les nuits citadines, même si ladite veille le conduit de passer des gifles aux ordonnances, en passant par les étreintes.
Se déroulant le temps d’une nuit, ce film noir coincé entre drogue et rédemption a parfois des accents de ceux d’un Ferrara. Certes ce n’est pas très gai, mais c’est souvent fort. Conclusion du cinéaste : « J’ai voulu faire un film noir qui reprendrait certains codes (l’ambiguïté morale, les dettes, une femme entre deux hommes) mais en les modernisant au maximum. Mes autres films (Alyah et Les Anarchistes), tournent aussi autour de ce franchissement entre la loi et l’illicite. »
