Filmant dans des couleurs de fin du monde – ce qui renforce la tension régnant sur le film – , et dans des décors souvent glauques de béton aseptisé, Cédric Io montre bien comment il est presque impossible d’échapper dans un tel cadre à un déterminisme social, à tenter de renverser la vapeur. Il le fait en montrent l’hostilité qui règne entre les « vieux », ces trentenaires qui sont déjà passés par la case zonzon, et les jeunes, ces Ronins qui n’hésitent pas à dégainer une violence sans frein pour délimiter leur territoire.
Quand l’affrontement est là, il prend presque des allures de jeu vidéo avec la découverte de l’engin de guerre du personnage handicapé campé par Steve Tientcheu (célèbre pour son rôle de Le Maire dans Les Misérables). Face à ces jeunes qui ne savent que « discuter » par la violence, Hafsia Herzi symbolise une de ces femmes qui décident de se tirer coûte que coûte de cet univers à l’horizon barré entré béton et bitume. Et dont l’attitude montre bien qu’en 2023, il semble impossible de vivre sans aucun espoir.
Ce drame est parfois un peu répétitif dans les séquences, mais, au demeurant, il décrit, dans une atmosphère où le réalisme le dispute à un soupçon de fantastique, le délabrement de ses banlieues sur lesquelles médias et politiques ne s’intéressent que lorsque ça pète !
