C’est ce qui confère à l’ensemble un côté un peu bancal, encore renforcé par l’irruption d’objets qui confèrent une vraie étrangeté à des situations, notamment la présence du masque animalier. Une manière de symboliser que, tout s’effondrant dans son univers, Tristan s’offre une carapace face à la réalité qui le bouscule.
Même si l’ensemble part un peu dans tous les sens, notamment avec la rupture entre ville et campagne, il se dégage de l’histoire une certaine vitalité avec des personnages ancrés dans leur quotidien, y compris dans la communauté rurale où s’est réfugiée l’ancien amour de Tristan. C’est d’ailleurs dans ce repas champêtre qu’à travers un duel verbal entre Pablo et Fanny, Alice Zeniter et Benoît Volnais vont passer un certain nombre d’idées politiques. Commentaires de Benoït Volnais : « Nous trouvons Alice et moi qu’au cinéma une longue scène où les personnages vont partir dans un discours très articulé et monter en abstraction offre de formidables moments de tension et d’identification mouvante. Il y a un plaisir immense à filmer une dispute, un duel, où se mêlent enjeux émotionnels et enjeux rhétoriques. On espère que les spectateurs prendront autant de plaisir à voir cette scène que nous avons eu à la faire. »
Porté par un casting solide -Ariane Labed est une comédienne encore sous-exploitée dans le cinéma hexagonal – ce film bancroche dégage une certaine poésie du quotidien et finalement donne une leçon de bien vivre ou de rêver d’un autre quotidien.
