Les dérives de la société libérale

Dans la lignée de son mentor et producteur Lee Chang-dong, July Jung signe ici un récit prenant porté par ses deux interprètes principaux. Et la grande actrice Doona Bae – qui avait déjà joué la policière dans A Girl at my Door – campe cette inspectrice, reprenant du service après la longue agonie de sa mère, et qui poursuit avec opiniâtreté son enquête, n’hésite pas à mettre en cause la hiérarchie de Korea Telecom, malgré les colères et les menaces de son patron. Même si elle joue une femme qui semble en permanence épuisée, lasse de vivre, elle ne baisse jamais sa garde et veut aller au bout de sa quête de vérité et de justice. Comme si par sa voix, l’ancienne danseuse – une passion qu’elle partage avec elle – continuait de vivre.

Outre la force politique du scénario, le film bénéficie aussi d’une photographie (œuvre de Kim Il-Yeon qui signa celle de Exit en 2019) qui joue sur les paysages et les lumières hivernales, rendent les visages blafards. Commentaires de la cinéaste : « J’ai gardé un ton froid, ainsi qu’une lumière hivernale tout au long du film. Pour traduire par l’image ce processus de délabrement, celle d’une jeune fille qui perd petit à petit de sa vitalité. »

Ce film politique est, grâce à ce casting sans faute, d’une grande force humaine.

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