Jouant sur plusieurs tableaux – le mensonge, la culpabilité mais aussi l’amour porté aux membres de sa famille, Anne Le Ny finit pas plonger le spectateur dans un univers tendu à souhait où tout porte à accuser Alexandre qui va finir par être victime de ses arrangements avec la vérité même s’il n’est coupable.
Le film tient toutes ses promesses durant la première partie et Anne Le Ny a eu le nez creux en proposant le rôle de ce père paumé à José Garcia, plutôt marqué dans le genre des comédies et qui donne là toute sa mesure dans un personnage tourmenté, qui essaie de sauver les meubles. Sa prestation dans la séquence de l’enterrement est d’une rare force. Outre la jeune Capucine Valmary, d’une étonnant maturité de jeu, on retrouve avec plaisir André Dussollier qui campe un père dévasté par la disparition de sa fille, mais combattif dès lors qu’il devine certains mensonges.C’est là d’ailleurs que le film passe d’un réalisme certain à un climat moins vraisemblable lorsque ce grand-père se met à ressembler à un fin limier de la police et éclipse les autres membres des forces de l’ordre. Et la dernière partie du film perd un peu en intensité eu égard à toute la première partie, aussi bien menée qu »anxiogène. Comme si le retour à une vie « banale » mettait à mal le suspense savamment distillé jusque là avec la trahison comme fil conducteur.
