Errances colombiennes

Échappant à une vraie logique de voyage, avec pour seul rêve celui de se retrouver dans la maison héritée par Rá et perdue dans la campagne, le groupe vit bien des incidents sur cette route vers un avenir meilleur. Et le film décrit bien comment le petit peuple est dépossédé de ses terres par les grandes exploitations et les grands groupes industriels comme par les chercheurs de matériaux précieux. « Revendiquer ce qui est à soi, sa terre, est à la fois l’acte le plus politique, le plus rebelle et le plus honnête », dit la cinéaste.

Un des atouts du film, ce sont aussi, malgré l’atmosphère dramatique, de glisser quelques pistes d’espoir comme l’improbable rencontre avec l’ermite dans la jungle de la montagne, cet homme revenu de tout et qui leur offre un toit provisoire. Et, c’est dans le moment où le rêve et le réel se confondent, que le film trouve une nouvelle dimension, forte et évoque le rêve d’un monde plus égalitaire où les frontières ne seraient qu’un vain mot.

Un film aussi déroutant qu’attachant et qui célèbre la vie des exclus et des oubliés.

Laisser un commentaire