La jeune fille et la danse

Comme dans Papicha, Mounia Meddour signe des portraits de femmes dignes et rebelles. Car, comme sa mère, Sabrina, (Rachide Brakni est magnifique), Houria mène une vie sans hommes, ne se voile pas, fume. Commentaires de la cinéaste : « Dans le film, Sabrina est une femme cultivée, qui a du talent et qui gagne sa vie dignement même si pour certains danser dans des mariages est quelques chose de scandaleux. » De même, en Algérie, la danse n’est pas une activité très répandue :  » Elle se pratique en lieux privés, mais très peu en extérieurs. Le corps des femmes est tabou. Une femme qui danse, c’est une femme qui désire s’exprimer. C’est pas anodin dans une société patriarcale et traditionnelle, avec des mœurs et des mécanismes d’honneur. Il faut un changement des mentalités mais le chemin est encore long. » En parallèle de la détermination de Houria, il y a l’autre choix, celui de son amie de Sonia qui décide de prendre la route tragique de l’exil dans des embarcations de fortune.

Captant très bien le langage corporel et cinématographique de la danse, Mounia Meddour signe une histoire émouvante et politique en privilégiant les plans sur les corps en mouvement, notamment sur cette terrasse où Houria s’entraîne, allant au bout de sa fatigue. Un personnage dans lequel Lyna Khoudri apporte toute son énergie et sa grâce. Malgré les coups durs, les violences de certains hommes, elle continue à défendre une certaine légèreté d’être. Comme le symbolise la très belle affiche du film.

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