L’enfant et la rue

C’est dire s’il connaît l’univers qui nourrit son premier film qui joue sur un réalisme sans fard en plongeant dans la vie des enfants de la rue, avec parfois une manière de tourner qui rappelle celle du grand reportage. Armes, drogue et sexe sont des thèmes mêlés – et attendus- dans ce récit servi par une très belle photographie, nocturne notamment. Un film qui épouse les errances de Carlos, l’enfant perdu de Bogota dont on sent bien qu’il aura bien du mal à échapper à un destin cruel.

Petit à petit, Un varón (un « vrai mec ») devient un portrait émouvant d’un garçon qui n’a pas d’autres choix que d’affronter cette société violente, tout en restant un bon fils, quitte à sacrifier son moi profond. Et Felipe Ramirez exprime une vraie tendresse, et une vraie déchirure, dans ce personnage qu’il porte de bout. Un comédien solide que le réalisateur a déniché lors d’un concert de rap en 2012. « Il y avait cinq danseurs de breakdance. Ils étaient très grands et Felipe, beaucoup plus petit, était au milieu. J’ai tout de suite compris que je venais de trouver le personnage de mon film » raconte t-il.

En tout cas, ce film est prenant, même si, parfois, il subit quelques chutes de rythme.

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