Vertiges de l’amour

Non sans courage, Julie Gayet a accepté de se mettre à nu, de tomber le masque de la comédienne pour jouer le désarroi d’une épouse abandonnée par le metteur en scène avec lequel elle a tout partagé, y compris la même passion pour le métier et du rôle qu’il décide de confier à une autre. On le mesure symboliquement dès la première séquence dans laquelle elle se fait maquiller avant de jouer la scène de crise de couple. Une actrice qui doit passer ce cap de la cinquantaine dont parle bien la comédienne. « Il existe une association, le Tunnel de la comédienne de 50 ans (créée en 2015 au sein d’AAFA (Actrices et acteurs de France associés). Elle s’est donné pour mission de faire bouger le curseur des représentations des femmes de plus de 50 ans au cinéma et à la télévision. À travers la relation au jeu, Sébastien parle de moi mais aussi d’une actrice qui vieillit. Je ressens bien cette injonction terrible sur l’âge et la beauté. » Une injonction qui conduit Anna à plonger dans certains mirages de la médecine chinoise, quitte à prendre bien des risques pour sa santé, au grand dam de la guérisseuse chinoise.

C’est cette approche frontale de la question de la beauté et des clichés qui est au centre d’une histoire qui touche même si l’on peut être moins sensible, malgré quelques trucages réussis, au intrusion du fantastique, version fable, dans l’histoire. Cette tragédie romantique moderne repose aussi sur un casting équilibré : en monstre d’égoïsme, Benjamin Biolay donne à voir l’éternel masculin dans tous ses petits arrangements face à Julie Gayet qui laisse poindre toutes les blessures de son âme. Le seul bémol tient peut être a personnage d’Agathe Bonitzer, dont le jeu froid ne permet pas de comprendre le coup de foudre du metteur en scène volage.

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