L’histoire montre bien comment, face à une mère effacée et ce père à la présence forte avec ces amis qui font découvrir la sexualité à Eva, cette jeune fille fait ses premiers pas d’adulte dans un univers où la violence est latente. Avec, en contrepoint la présence de la poésie dont on découvre des gens en train d’en écrire. Valentina Maurel souligne l’originalité du goût poétique au Costa Rica : « Durant les années 90, les gens avaient envie d’écrire de la poésie, car ils pensaient cela possible et n’avaient pas ce rapport sacralisé, ce respect funèbre que, j’ai l’impression, les européens ont envers la poésie. »
Film très intimiste, parfois un peu trop ce qui explique quelques longueurs dans l’histoire, ce drame familial créé un certain malaise car la réalisatrice montre les tensions en prenant une forme de recul, comme si elle s’interdisait de les juger, ce qui confère une grande force de l’approche psychologique dans certaines scènes. En tout état de cause, une chose est sûre : Daniela Marin Navarro fait ici une composition d’une grande force.
