La malédiction faite aux femmes…

Tout est extrême dans cette histoire, ainsi l’agriculture, des citronniers notamment, a besoin d’eau, mais, en abondance, celle-ci parvient à provoquer des désastres écologiques. Ce qui crée une ancestrale peur de l’eau, transmise de femmes en femmes avec l’idée à la limite du fantastique que, pour échapper à cette malédiction, il faille une forme de sacrifice. Les amours naissantes ont alors peu de force pour résister à une telle légende, avec en toile de fond d’autres traditions locales comme cette course de pigeons.

À côté de ce séquences un peu oniriques, El Agua évoque aussi la transmission de manière la plus concrète. Ainsi quand le père montre à son fils, en urgence, comment concevoir un bon plâtre et l’installer sur des murs de briques pour faire barrage à la montée soudaine des eaux, vécue comme une fatalité récurrente.

En utilisant des non professionnels, Elena Lopez Riera confère une grande vraisemblance à bien des séquences notamment dans les relations entre les jeunes. Il y a aussi la présence d’une actrice espagnole fort connue, Bárbara Lennie (La piel que habito (2011) de Pedro Almodóvar, Everybody Knows (2018) de Asghar Farhadi, entre autres), une comédienne qui exprime toute une palette d’émotions dans le rôle de la mère.

Une étrange histoire pour un film à l’atmosphère singulière et qui mélange avec un talent certain le réalisme au mysticisme.

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