La retraite d’une drag queen

Sortie cinéma : mercredi 22 février 2023

LAST DANCE, de Coline Albert – 1h40

Documentaire

Mon avis : 4 sur 5

L’histoire ?

A la Nouvelle Orléans, tout le monde connaît Vince, alias Lady Vinsantos, une Drag Queen emblématique qui y a fondé sa propre école. Pour Vince, le Drag est à la fois un art qu’on perfectionne au quotidien et un acte politique qui fait bouger les représentations. Seulement, après trente ans de carrière, Vince est las de ce personnage qui a pris le contrôle de sa vie. Il décide donc de dire adieu à Lady Vinsantos, non sans avoir réalisé son plus grand rêve : un dernier show à Paris.

Ce qui touche dans ce documentaire ?

Drag-queen marquante de la Nouvelle Orléans, Lady Vinsantos se dévoile dans ce documentaire qui retrace son parcours et l’école créée par ses soins pour faire du Drag un vrai numéro artistique. Alors qu’elle s’apprête à réaliser un rêve : faire son dernier tour de piste lors d’un spectacle à Paris, Coline Albert a suivi cette figure marquante de cette scène alternative, en interrogeant ses proches – ses parents, des « rebelles » sont étonnants de franchise – ses proches et ses élèves qu’il considère comme ses enfants. Sans jamais tomber dans la caricature, ni le déjà-vu.

La cinéaste raconte ainsi comment la rencontre s’est faite : « Lorsque j’ai rencontré Vinsantos pour la première fois, un après-midi de printemps a  l’hippodrome de la Nouvelle-Orléans, il était au naturel, sans maquillage ni perruque. Mais son apparence m’a tout de suite intriguée : il m’était pratiquement impossible de deviner quelle était son origine sociale ou a  quel genre (“gender”) il s’identifiait. Son allure était une somme de contradictions. Son maintien était celui d’une femme, mais il portait des vêtements d’homme. Son corps était couvert de tatouages et il avait le crâne rasé mais était dépourvu de sourcils. Un ami en commun s’est chargé des présentations. J’ai alors découvert que Vinsantos était une icône Drag Queen de la scène underground de La Nouvelle-Orléans et de San Francisco, où il a démarré sa carrière. »

Fruit d’un long tournage – il s’est étalé sur trois ans – ce documentaire donne à voir la personne derrière ses « nombreux » masques à l’heure où il prend sa retraite loin de la scène. La séquence finale de l’autodafé des parures de son ancienne vie est d’une grande force.

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