La grande intelligence du film, c’est, sous le couvert d’une atmosphère de western moderne ou de thriller, de glisser dans le récit des éléments en phase avec un monde en pleine révolution : la mobilité sociale, les changements complets de carrière, la notion de « tribu », la mondialisation omniprésente, la défense de la nature… Dans la même lignée que El reino, Rodrigo Sorogoyen maintient le cap du suspense tout en signant un récit qui a vraiment du sens et exploite, l’air de rien, une multitude de thèmes.
Sa mise en scène brillante, son climat lourd tient en haleine toute la première partie avec, au cœur du jeu, un Denis Menochet plus impressionnant que jamais. Il dégage une force tranquille, malgré les coups de la vie, qui force le respect. Dans la deuxième partie, c’est Marina Foïs qui prend le relai dans un climat plus psychologique où, seule contre tous, avec une détermination qui bluffe son monde, elle se bat pour connaître la vérité. Un film fort et subtil de bout en bout, porté par une distribution brillante.
