Au fil de l ‘histoire, on comprend vite le sens du titre avec un film qui décrit des hommes qui se comportent plus bas encore que des bêtes qui chassent. Ayant donné son accord au film, le père de Ishane, Hassan Jarfi, témoigne dans le dossier de presse : « Nabil Ben Yadir est venu se présenter et m’a dit qu’il souhaitait faire un film sur Ihsane. Je lui ai demandé « Qu’est-ce que vous allez
montrer ? ». Il m’a répondu : « La violence ». Je lui ai donné carte blanche. C’était comme un grand frère voulant
défendre son petit frère. C’était important de montrer où peut conduire la bêtise humaine, de montrer ce que la violence produit. »
Certaines scènes – celles de l’agression sexuelle de Ihsane – sont à la limite du supportable et l’on peut se demander pourquoi le cinéaste est allé si loin dans un réalisme renforcé par le choix d’une vue tirée d’un mobile donc cadrée plus serrée. Le cinéaste souligne : « En Belgique, de nombreux scolaires ont vu le film et les retours ont été bouleversants. Les mots ne peuvent pas
remplacer les images surtout dans cette société qui ne vit que dans l’image, dans la représentation de soi-même.
La seule façon de communiquer, notamment avec la jeune génération, c’est l’image. Certains n’ont peut-être
jamais lu de livre mais personne n’a jamais vu de film, cela n’existe pas. »
Violent, engagé et refusant le politiquement correct, Animals est un film qui secoue. Si cela pouvait faire évoluer les crétins, cette dureté des images serait salutaire…
