Commentaires de Bruno François-Boucher : « J’adore le théâtre, les livres d’Histoire, les romans qui témoignent de périodes passées et j’ai renoué en lisant ce texte d’Alfred de Vigny avec des émotions très fortesque j’avais éprouvées, adolescent, en lisant Balzac, Maupassant, Flaubert et la période
romantique du XIXe siècle. Mes premiers chocs émotionnels sont restés intacts devant l’écriture et les personnages que de Vigny dépeint dans cet ouvrage. Avant que Ségolène Point ne me parle du projet, je connaissais peu les œuvres d’Alfred de Vigny. En lisant Quitte pour la peur j’ai découvert toute une subtilité du langage, une évocation des sentiments et des relations entre les hommes et les femmes, traduites avec une finesse de trait à laquelle je suis particulièrement sensible.«
Dans un huit-clos théâtral où les échanges se font à fleuret moucheté, on ressent bien les émotions qui traversent l’esprit de la duchesse, joliment campée par Ségolène Point. Et on mesure bien à travers les échanges qu’elle a avec son mari, débarqué de nuit dans la demeure familiale, et même si la femme est toujours emprisonné d’un certain modèle social, que la société connaît alors une lente évolution des mœurs.
Si la mise en scène est un peu sage, avec les beaux plans de nature classiques qui rythment les tableaux à la manière d’un opus de Rohmer, et la bande originale nourrie de partitions attendues de Scarlatti, ce portrait d’une femme qui se bat pour affirmer sa liberté – la pièce fut interdite par arrêté ministériel après sa première représentation – est d’une grande force et d’une vraie modernité.

