Selon le cinéaste, l’exemple d’un Dmitri Nikitin n’était pas vraiment courant en Russie. Il disait : « On les traite de romantiques, d’altruistes, d’idéalistes ou simplement d' »idiots » pour bien marquer qu’ils ne se comportent pas normalement à une époque où le cynisme, la peur et l’indifférence sont devenus la norme. » Jouant avec le titre du roman célèbre de Dostoïevski , le mot « Idiot » désigne alors ceux qui presque le risque de se battre contre le pouvoir en place.
Se jouant des couleurs diurnes oppressantes à souhait, des décors urbains qui ont des airs de fin du monde, en contrepoint de la soirée d’anniversaire du cinquantenaire de Dima, la maire de la ville que Dmitri vient déranger pour faire évacuer un immeuble qui tangue, Yuri Bykov signe une dénonciation politique très forte avec ce troisième film. Avec un scénario démonstratif et clair, le cinéaste dresse un tableau implacable d’une corruption généralisée en Russie. Un opus coup de poing servi par un casting impeccable qui a remporté bien des prix mérités tels le Prix du meilleur acteur, le Prix du jury œcuménique et le premier prix du jeune jury au Festival International du film de Locarno 2014.
