Des ados rebelles sur un plateau…

Au cœur du système, il y a l’homme orchestre du film, campé par Johan Heldenbergh qui dégage une aura sympathique dès sa première apparition à l’écran et qui joue de manière très naturelle ce réalisateur à l’écoute de ces gamins. Une espèce de réalisateur-marionnettiste qui doit toujours être sur le fil pour parvenir à pousser les comédiens tous dans le même sens et tenir le calendrier de tournage. Tout au long de l’histoire, il pose une question en illustrant la complexité de la réponse : jusqu’où un cinéaste peut aller pour parvenir à ses fins ? À quel point doit-il agir avec doigté sans pour autant perdre le fil conducteur de son tournage ?

Entre fiction et documentaire, Les Pires -auréolé d’un Grand prix à Cannes dans la sélection Un certain regard – est un petit chef d’œuvre d’équilibre avec des séquences étonnantes comme celle de l’improvisation entre Jessy et Lily qui est bluffante, tant ces jeunes acteurs sont à l’aise dans la scène de séduction amoureuse. Soudain, Jessy laisse paraître une vraie vulnérabilité.

Enfin, la séquence finale de lâcher de pigeons est d’une poésie totale : soudain, le décor gris et terne de la cité devient d’une grande cinégénie. Un cadre dont Éric Dumont a su tirer le maximum à l’image.

Bref, un film aussi surprenant qu’original et une très belle galerie d’adolescents en rupture d’une vie dite « normale ».

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