Le cinéma iranien encore primé

Dans le climat de répression qui marque la vie iranienne, toutes les bonnes nouvelles sont à prendre. C’est donc Panah Panahi qui a remporté le premier prix André Bazin, décerné par Les Cahiers du cinéma, pour son premier long métrage, Hit The Road.

Comme d’autres, j’avais salué la qualité de Hit The Road, premier film de Panah Panahi, sorti le 27 avril dernier. Composé de Arnaud Desplechin, Lyna Khoudri, Benjamin Millepied, Céline Bozon, Charlotte Garson, Marcos Uzal et Zoé Lhuillier, le jury de ce prix créé il y a un an, met donc à l’honneur ce scénario original, œuvre de Panah Panahi, fils du grand réalisateur iranien actuellement emprisonné. L’histoire ? En Iran, de nos jours. Une famille est en route vers une destination secrète. A l’arrière de la voiture, le père arbore un plâtre, mais s’est-il vraiment cassé la jambe ? La mère rit de tout mais ne se retient-elle pas de pleurer ? Leur petit garçon ne cesse de blaguer, de chanter et danser. Tous s’inquiètent du chien malade. Seul le grand frère reste silencieux.

Dans ce film, le réalisateur a su jouer sur le huit-clos d’un tournage presque exclusivement fait dans une voiture pour évoquer le désir de fuir, la peur de l’exil mais aussi l’amour de la vie, l’humour… Bref, la complexité de vivre et qui plus est dans un pays où la liberté ne fait pas partie du langage quotidien. Le tout avec, pour toile de fond, les magnifiques paysages sauvages de l’Iran. Un opus dont la force symbolique tient aussi au choix des musiques de la bande originale. Commentaires du cinéaste : « J’ai choisi sans hésiter ces morceaux qui, à mon sens, correspondent parfaitement au contenu de mon film. Le régime ne tolère pas ces chansons d’artistes qui ont dû fuir à l’étranger après la révolution et voit d’un mauvais œil leur diffusion »

Laisser un commentaire