Un choix esthétique qui peut dérouter complètement, voire faire trouver le temps long, tant Tsai Ming-liang s’applique à casser les codes de la fiction classique, en restituant le sentiment ressenti dans la solitude et l’isolement. Y compris dans la séquence où Kang reçoit un long massage dans sa chambre d’hôtel dans une atmosphère aussi sensuelle qu’étouffante et qui aurait mérité un traitement plus court. Comme si le cinéaste, hypnotisé par son modèle, n’arrivait plus à prendre un peu du recul. Alors, le temps devient long, voire pesant. Et à force de séquences de la vie quotidienne aussi banales que la préparation d’un repas, l’hypnose n’est plus au rendez-vous.
En parallèle, le Centre Pompidou consacre l’exposition Une Quête jusqu’au 2 janvier 2023 à à l’œuvre du cinéaste qui déclare : « L’idéal est que le film soit projeté dans une bonne salle de cinéma ou dans un musée, des lieux où l’on peut vraiment contrôler la qualité. » De quoi motiver ses aficionados.
