Errances dans Bangkok

Cinéma actualité

DAYS, de Tsai Ming-liang – 2h06
Avec Lee Kang-sheng, Anong Houngheuangsy
– Sortie : mercredi 30 novembre 2022
Mon avis : 2 sur 5

Le pitch ?

Accablé par la maladie et les traitements, Kang erre dans les rues de Bangkok pour conjurer sa solitude. Il rencontre Non qui, contre de l’argent, lui prodigue massages et réconfort. Le dernier chef d’œuvre de Tsai Ming-liang laisse patiemment s’insinuer tout ce que l’on nomme amour pour faire sourdre une émotion d’une imprévisible intensité.

Et alors ?

Avec au cœur de son dispositif créatif le visage silencieux de Lee Kang-sheng, Days est entièrement construit autour du comédien fétiche du réalisateur. Tsai Ming-liang commente : « Quand j’ai commencé à tourner avec Lee, je ne savais bien sûr pas que j’allais continuer à le filmer pendant trente ans. Lorsque je l’ai rencontré, pour un téléfilm (All the Corners of the World, 1989), j’étais même assez dérangé par sa lenteur, par sa façon de jouer comme aucun autre acteur. Puis il m’a fasciné et il est devenu comme une projection de mon être intérieur. La forme de mes films, leur rythme, lui doivent beaucoup.« 

Utilisant les souffrances physiques bien réelles de l’acteur – dans La Rivière, il avait « utilisé » des douleurs cervicales que supportaient Lee Kang-sheng – le film tente de faire ressentir « de l’intérieur » ce que ressent un corps malade, même si l’on s’efforce de vivre une vie le plus normalement du monde, de nouer des relations sentimentales ou tarifées.

Jouant sur la rencontre entre l’ouvrier laotien, Days joue sur l’épure, l’immobilité, le silence et une certaine poésie se dégage des séquences notamment dans les atmosphères diurnes.

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