Une immersion dans la banlieue

Faisant une référence directe à Victor Hugo – on avait un peu oublié qu’il avait rédigé son célèbre roman dans la ville de Montermeil- Ladj Ly dépasse le classique film de banlieue pour signer une œuvre dérangeante et originale où il évite tout manichéisme. Chaque « camp » est montré sans décrire des « mauvais » flics et de « gentils » jeunes. Il ajoutait : « On navigue dans un monde tellement complexe que c’est difficile de porter des jugements brefs et définitifs. Les quartiers sont des poudrières, il y a des clans, et malgré tout, on essaye de tous vivre ensemble et on fait en sorte que ça ne parte pas en vrille. Je montre ça dans le film, les petits arrangements quotidiens de chacun pour s’en sortir ».

C’est âpre et réaliste, filmé avec le regard d’un enfant. Et l’on ressort avec un vrai sentiment de malaise devant ce monde qui échappe à toute vie classique, qui est abandonné à ses expédients. Un grand film et qui aurait mérité d’être exposé à une plus grande heure d’écoute.

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