Le décor du fjord norvégien n’est pas étranger à l’impression de sérénité que dégage l’histoire, tant le cadre est grandiose et contraint l’homme à composer avec lui, et non à lutter contre lui, y compris quand il s’agit de faire une longue marche pour trouver un spot où le réseau fonctionne pour les portables. Commentaires de la cinéaste : « Cette nature est impressionnante et atemporelle. Elle semble indifférente. Au milieu des fjords, on devient humble. »
La force du film tient aussi à l’alchimie qui se noue entre les deux comédiens principaux qui forment un couple d’une vraie densité. Vicky Krieps signe une composition d’une rare force et qui, vu le contexte, provoque parfois des frissons, tant elle parvient à exprimer la force de cette jeune qui veut vivre sa fin de vie avec une rare intensité. Quant à Gaspar Ulliel, il est d’une rare justesse dans le rôle du compagnon qui ne veut pas brider la liberté de sa compagne mais peut devenir maladroit tant il redoute de la perdre. Leur escapade, nus, dans l’eau glacée du fjord exprime toute la sensualité de ce couple.
Et puis, avec la disparition tragique de Gaspard Ulliel, juste après le tournage, l’histoire résonne aussi de manière singulière. Et dans l’ultime séquence sur le ferry où Mathieu disparaît, le regard figé sur Hélène, le plan provoque en nous une autre émotion. Sans jamais tomber dans le film tire-larmes, Plus que jamais est une histoire magnifique sur la vie de la mort…
