Filmant les corps en mouvement – l’idée d’immerger les deux garçons dans le monde rural de la culture des fleurs est une vraie trouvaille, tant cette univers semble fragile – Close évoque de manière subtile la psychologie des deux principaux protagonistes qui ont du mal à supporter le regard des autres sur leur amitié. Après une attaque parfois un peu à l’eau de rose, le film prend vite ses marques. L’idée a germé après la lecture du livre Deep Secrets, de la sociologue américaine Niole Way : durant cinq ans, elle avait suivi un groupe d’une centaine de garçons pour étudier l’évolution dans les relations masculines.
De façon très pudique, en jouant sur le non-dit concernant une attirance homosexuelle, Lukas Dhont joue aussi sur le contraste des saisons – le travail sur la photographie est parfait- pour décrire le parcours de ces deux ados, extrêmement bien joués par Eden Dambrine et Gustav de Waele. Et dont l’amitié ne se dilue pas dans l’absence, laissant les blessures à vif. Face à eux, Émilie Dequenne et Léa Drucker campent les deux mères qui, chacune à leur façon, sont fortes et dégagent une vraie humanité. Émilie Dequenne notamment signe ici une de ses compositions les plus fortes, les plus émouvantes avec une grande épure dans le jeu.
Sans jamais faire vibrer la corde du pathos, malgré l’absence cruelle, Close est un opus d’une belle subtilité et construit sur une réalisation d’une grande fluidité où la caméra semble « danser » autour des personnages que ce soit dans les champs comme sur la patinoire.
