Un conte insolent toujours corrosif

Contrairement à certains films satiriques et politiques de l’époque, Les Valseuses n’a lui pas pris une ride et l’on se demande même s’il pourrait sortir aujourd’hui sans susciter la polémique, tant des situations peuvent paraître audacieuses, voire scabreuses et les dialogues très forts sonnent souvent aujourd’hui comme politiquement incorrects.

Qui a vu le film se souvient de bien des séquences d’anthologie : celle de l’autorail avec Brigitte Fossey, celle de la douche entre Depardieu et Dewaere ou celle où ils font découvrir les vertiges de l’amour à une jeune fille campée par Isabelle Huppert. On remarque d’ailleurs comment déjà, à l’époque, Blier sait construire un casting de choc dans un film où surgit encore Jeanne Moreau.

Depuis, Blier a raconté bien des anecdotes sur un tournage animé ainsi quand, alors qu’il donnait le top « action », le trio s’est barré toute une après-midi au volant de la voiture. À l’époque, Dewaere et Miou Miou étaient en couple et Dewaere aurait prévenu le réalisateur en ces termes : « Comme, souvent, l’acteur couche avec l’actrice, on a décidé de le faire avant et on préférait te prévenir« 

Juste avant la diffusion du film, le comédien qui a choisi de tirer sa révérence le 16 juillet 1982 a droit à un documentaire inédit signé Alexandre Moix, Patrick Dewaere, mon père, mon héros, dans lequel la seconde fille du comédien, Lola, raconte comment le mensonge de sa mère, Mado Maurin, qui lui cacha l’identité de son vrai père, lui cause une blessure jamais fermée. Sans oublier d’autres lourds incidents de son parcours…

Une chose est sûre : avec Les Valseuses, le duo Dewaere-Depardieu fit une entrée fracassante dans le cinéma en incarnant une idée certaine de la liberté, ce qui explique que l’opus résonne toujours de façon si moderne. Avec, comme musique originale, des mélodies swing de grande qualité, signées du grand violoniste Stéphane Grappelli.

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