Un conte insolent toujours corrosif

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LES VALSEUSES, de Bertrand Blier – 1h55 (1974)
Avec Gérard Depardieu, Patrick Dewaere, Miou-Miou
– Diffusion sur France 5, vendredi 21 à 22h30
Mon avis : 4 sur 5

Le pitch ?

Liés par une forte amitié, deux petits loubards veulent vivre à fond leurs aventures. Cette fuite sera ponctuée de provocations et d’agressions mais également de rencontres, tendres instants de bonheur éphémères.

Ce qui touche toujours dans l’histoire ?

« On est des cons. On a commencé par piquer une bagnole, comme ça, juste histoire de faire un tour, parce qu’on ne savait pas quoi faire. Le samedi, on sait jamais quoi faire. Le dimanche non plus d’ailleurs. » C’est par cette accroche que Bertrand Blier commençait son roman Les Valseuses, sorti en 1972 et dont il allait s’inspirer pour tourner son deuxième film. Quand on lit l’histoire originale, on mesure à quel point le ton de Blier détonne avec l’atmosphère de l’ère Pompidou.

Le texte, plein de verdeur, de gros mots et de situations cocasses, est un hymne à la jeunesse et à la liberté dans une France à peine remise des soubresauts de mai 68 et qui n’a pas (encore) sombré dans la crise. Se moquant allégrement de la presse des faits divers – la presse people n’avait pas encore vu le jour avec la puissance qu’on lui connaît – l’auteur, par la voix de Jean-Claude, commente ainsi un article consacré à leurs « exploits » : d’après le plumitif, « on était sur une très mauvaise pente et dans ce domaine il m’apprenait rien du tout. Par contre, et ça il me l’apprenait, paraissait qu’on faisait partie d’une nouvelle génération de malfaiteurs. Place aux jeunes, la relève quoi !« `

Cette relève, elle explose à l’écran avec le trio formé par Gérard Depardieu, Patrick Dewaere, Miou-Miou qui errent dans la France dite profonde, pourfendant le bourgeois, prônant l’amour libre et appelant un chat un chat. À l’époque, on ne censure quasiment pas mais il y a une parade : on interdit l’opus aux moins de 16 ans !

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