On voit bien comment les membres de l’anti-terroriste vivent une vraie parenthèse dans leur vie, se coupent de leurs proches pour tenter de créer une contre-offensive la plus efficace possible en dénichant les coupables encore dans la nature. Si les terroristes sont nommés par leur vrai nom, ceux de l’anti-terrorisme ont une autre identité même quand le personnage à l’écran a été inspiré d’une vrai participant. Par ailleurs, pour nourrir sa mise en scène d’une redoutable efficacité, Cédric Jimenez a pu rencontrer certains flics impliqués dans l’enquête, ce qui donne une indéniable force réaliste à son film.
Depuis Bac Nord, on connaissait le talent du cinéaste pour capter les scènes d’action. Il le prouve encore ici dans l’attaque de la planque de Saint-Denis qui termine le film et donne lieu à une séquence d’un réalisme bluffant. En prime, il s’appuie sur un casting quatre étoiles, sans vedette en premier plan, où l’on découvre notamment Anaïs Demoustier dans un beau contre-emploi. « Anaïs ne tremble jamais et elle s’est imposée dans son rôle avec un naturel qui m’a bluffé » note le réalisateur. En prime, le choix astucieux des seconds rôles apportent une vraie cohésion à l’ensemble. Dans le rôle de Samia, celle qui parvient à récupérer l’adresse de la planque auprès de son amie et à permettre le dénouement, y compris au prix de sa propre sécurité, Lyna Khoudri surprend aussi son monde.
Si Bac Nord a pu être « récupéré » par certains militants de l’extrême droite, Novembre, d’une froideur glaçante, est nettement plus difficile à être exploité à des fins idéologiques, tant le film reste « à distance » dans un réalisme froid.
