Coupable d’un viol ?

Ainsi, on est plus dans la nuance et dans l’ambiguïté que dans le plaidoyer. Et le film montre bien comment une relation consentie au départ peut déraper vers l’indéfendable (avec, en conclusion, une vision plus carrée que dans le roman initial).

Les deux jeunes comédiens jouent parfaitement leur partition et Suzanne Jouannet exprime bien la difficulté de le dire quand Ben Attal – dont la mère, campée par Charlotte Gainsbourg , est une militante féministe engagée – joue un accusé qui réagit, sur la durée, avec un certain calme. Yvan Attal explique ainsi sa manière de « voir » l’affaire. Il dit : « Pour le garçon, j’avais envie de souligner l’aspect touchant de sa personnalité, malgré la violence de ce dont on l’accuse. Concernant la fille, même si on ressent une immédiate empathie pour elle, je voulais instiller une once de doute sur son témoignage. Pas pour la rendre antipathique – c’était hors de question –, mais pour mettre en lumière la difficulté de juger quand c’est le cas. »

Avec des personnages secondaires marquants – Pierre Arditi joue un père, vieux séducteur pathétique quand Benjamin Laverhne et Judith Chemla sont les deux avocats qui s’affrontent de façon très convaincante – cette adaptation du roman de Karine Tuil tient toutes ses promesses.

Laisser un commentaire