Sans jamais avoir la main lourde sur les gags, la réalisatrice, mère de deux enfants elles-même, évoque l’air de rien bien des thèmes forts (maternité, dilemme autour d’un avortement même très tardif, paternité…). Elle souligne : « Les membres de l’équipe de création m’ont aidé à trouver le juste équilibre entre l’humour et le sérieux de l’histoire. » Et d’ajouter : « Le film traite également de la prise de responsabilités, de la maturité et de notre capacité à surmonter toutes les situations. Je crois que beaucoup de femmes ont ressenti la peur de devenir mère, même celles qui l’avaient prévu. »
Offrant une autre fin que dans la BD originale, Yngvild Sve Flikke a opté aussi pour renforcer la présence des hommes dans le récit avec la présence du vrai géniteur, au départ pas franchement content de la nouvelle, et du dernier amant de passage, prof d’aïkido qui se verrait bien en père de substitution. Deux figures qui donnent une résonance particulière à l’odyssée de Rakel.
Montrant bien l’ambivalence des émotions, cette comédie provocatrice repose aussi sur la prestation d’une jeune comédienne, Kristine Kujath Thorp, rebelle et tonique. « Le fait que Kristine soit également illustratrice et artiste nous a beaucoup aidés dans le développement de son rôle. Plusieurs des véritables œuvres de Kristine sont même dans la chambre de Rakel » conclue la cinéaste.
Ce Ninjababy est un film qui détonne dans la production cinématographique actuelle par un ton et une manière d’aborder l’univers féminin.
