Le titre le prouve : Silviu Purcārete a opté pour la forme du conte, foisonnant, à la manière d’un Kusturica – notamment par l’utilisation de la musique où les mélopées tziganes se marient à des airs de Verdi- ou d’un Fellini, tant les personnages semblent hors contrôle, monstrueux parfois… Dans la vision cruelle des relations humaines comme dans l’évocation de l’absurdité des dictatures politiques, le réalisateur est aussi influencé par l’humour noir du Buñuel de L’Ange exterminateur.
Volontairement théâtrale, la mise en scène de ce film qui aura mis dix ans à sortie en France est magnifique, tant on sent un souffle de folie et d’absurdité balayer le plateau d’un monde fait de bruits et de fureur. Commentaires du cinéaste : « C’était la proposition du début, faire comme si cela se passait dans un théâtre. Les conditions du tournage m’ont aussi poussé à faire ça, le studio n’étant pas un vrai studio mais une usine désaffectée qui n’avait pas de vitres, en plein hiver. Pour moi, il fallait que ces mécanismes, ces rouages apparaissent…”
Depuis ce premier essai brillamment transformé, Silviu Purcārete n’est plus passé derrière la caméra. Vu la qualité de cet opus, il serait temps que les producteurs le soutiennent à nouveau ! Il faut à aucun prix manquer ce monde étrange que le cinéaste définit en ces termes : « Palilula est un terrain de jeu où il ne naît aucun enfant, car les adultes, vieux ou jeunes, n’ont jamais franchi le seuil de l’enfance. » Et puis, comme dit le poète, on n’est pas sérieux quand on a 17 ans.
