Une vie en musiques

Aussi décontracté à la ville qu’habité par la musique quand il est sur scène insufflant son souffle de vie à sa flûte ou jouant du saxophone, Jorge Pardo surprend par sa simplicité alors qu’il fut un vrai défricheur de sons et un artiste refusant de rester enfermé dans des frontières musicales. Et quand des artistes du flamenco de Jerez, tel Fernando de la Morena, le salue comme un « maître », il éclate d’un rire sonore et répond « en musique »… Jusqu’à ‘étonnant concert final donné à Madrid en 2019 où il invite dans la transe – ce moment où le musicien se libère des règles – des musiciens et danseurs, on a le sentiment que la jeunesse habite tous ces artistes qui expriment leur joie d’être ensemble et de vivre en musique. C’est aussi sensible quand à Bangalore, en Inde, il joue en compagnie d’un virtuose du violon, le jeune Ambi Subramaniam. Croyant en « l‘art comme mode de vie », Jorge Pardo est un homme qui ne redoute aucune rencontre quitte à sacrifier sa vie privée sur l’autel de cette vie d’artiste.

« Toute pureté est un mélange oublié, » dit Jorge Pardo, livrant sans doute là une des clés de sa conception musicale. Une formule qui dépasse largement peut-être le seul domaine artistique… pour des musiciens qui défendent la rencontre, le métissage et la transmission. Et quand on l’écoute en compagnie du harpiste virtuose Edmar Castañeda ou du bailaor Farruquito, on se dit que la musique se moque bien des frontières imposées par certains hommes.

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