La cinéaste Mounia Akl utilise l’allégorie de ce retour à la nature de cette famille de bobos libanais pour montrer comment la crise des déchets au Liban est emblématique des défaillance d’un État tiraillé par bien des factions et autres clans. Du jour au lendemain, la création de cette décharge à ciel ouvert, sous leur propriété, empoisonne le quotidien de cette famille et les différentes séquences du film avec notamment l’érection de cette statue surréaliste avant l’arrivée d’un ministre pour un discours pompeux témoignent de cette dégradation soudaine.
Porté par un casting parfait, l’histoire montre bien comment les réactions des personnages évoluent au fil de l’histoire, ré-ouvrant de vieilles blessures, faisant éclater les non-dits. À côté de figures du cinéma libanais – Nadine Labaki, bien sûr, mais aussi Saleh Bakri et Nadia Charbel – Mounia Akl a eu la main heureuse en choisissant une actrice non professionnelle, Liliane Chacar Khoury, pour jouer la grand-mère, qui transige avec certaines valeurs en échange d’un paquet de cigarettes, elle qui fume comme un pompier.
Si le film est parfois un peu trop lent, il décrit clairement la crise profonde que traverse le Liban et l’urgence de la crise écologique qui pèse sur l’avenir du pays.
