Immanquablement, on songe en visionnant ce film de Park Chan-Wook à un maître du suspense Alfred Hitchcock, tant l’histoire a des similitudes avec Vertigo. Le cinéaste tient cependant à souligner : « Tout le monde me parle de cela mais ce n’était pas mon intention. Je vénère Hitchcock. Je l’ai tellement étudié à l’université qu’il a formé inconsciemment. »
En tout cas, on ne peut s’empêcher, même si parfois la densité des nuances scénaristiques peut dérouter, d’être fasciné par la mise en scène magistrale du cinéaste coréen qui, cette fois, a travaillé pour la première fois avec Kim Ji-yong, directeur de la photographie sur The Age Of Shadows par exemple. Ensemble, ils ont concocté des angles de prises de vue tout à fait originaux pour multiplier les angles, capter les scènes de manière parfois très inattendue. Enfin les séquences nocturnes, sous la neige notamment, sont aussi poétiques qu’inquiétantes.
Que ce film ait obtenu le Prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes – certains critiques prévoyaient plus pour lui – est donc amplement mérité. Un polar très fort en forme d’une quête impossible.
