Il est vrai, utilisé dans un parfait contre-emploi, Gérard Philipe déploie dans les séquences son énergie intacte et, malgré des dialogues bien minces parfois, il parvient à tirer son épingle du jeu. In fini, il parvint même à exprimer les contradictions d’un séducteur nettement plus ambigu et complexe qu’on ne le croit de prime abord. Plus torturé aussi.
Si l’humour vient parfois éclaircir le portrait de ce séducteur mélancolique -la scène avec son logeur méfiant ou celle avec le chien – le film trouve une tonalité plus sombre dans la dernière partie, la plus intéressante, avec l’accident final. Dans les yeux de Gérard Philipe apparaît alors toute la tristesse d’un séducteur, lointain héritier des Liaisons dangereuses.
Monsieur Ripois a reçu, en son temps, le Prix spécial du Jury au Festival de Cannes, sans doute pour saluer la qualité de la mise en scène tirant bien parti du noir et blanc. Objet cinématographique certes, ce film aurait pourtant encore plus vieilli sans la présence charismatique de son principal acteur.
