Utilisant avec un sens consommé de la réalisation les lieux les plus pauvres de Djibouti – les images de Arttu Peltomaa sont « magnifiques » – Khadar Ahmed nous fait partager au plus près la vie de ces laissés-pour-compte qui se battent au quotidien pour survivre ainsi que leur famille. Et qui n’ont pas les moyens de subvenir au moindre traitement médical d’envergure. Il montre bien aussi comment celui qui quitte son village d’origine pour tenter de gagner sa vie en ville a bien du mal à faire le voyage de retour, tant les traditions restent fortes et respectées. Commentaires du cinéaste : « Le village est tout pour ces gens, c’est tout ce qu’ils ont. Ils ont leurs propres règles et leur propre communauté. Sous l’arbre de réunion, où les hommes se réunissent, c’est comme un tribunal. Les gens discutent, en bien ou en mal, des mariages et autres événements de la communauté. Pour moi, Guled est retourné au village pour trouver de l’aide. Mais c’est le village qui a l’air d’avoir besoin d’aide. »
Enfin, et ce n’est pas le moindre, ce film est une belle histoire d’amour avec des séquences où l’humour n’est pas oublié comme celle du mariage où le couple essaie de s’incruster avec succès. Et où, le temps d’une danse, il retrouve le sentiment de vivre une vie presque normale.
