Une mise en scène aérienne. Jouant sur de grands acteurs chiliens – Paulina Garcia notamment est tout à fait extraordinaire alternant les moments de tendresse à des instants d’une rare violence – Jorge Riquelme Serrano utilise fort bien les décors austères de cette île perdue pour échapper à l’enfermement de cette riche famille poussée à bout par le poids des névroses.
Les plans de drone montre bien l’isolement de cette îles, comme réceptacle de tous les désordres familiaux, tandis que les échappées dans la nature avec des cadrages de Scope dans les bois qui entourent la demeure ou au bord de l’eau mettent encore plus en lumière, par contraste, les tensions qui déchirent cette famille bien sous toutes les apparences.
Et même dans la scène-clé du film, avec un Alfredo Castro – ce père qui ne dispose pas directement de la fortune- d’une rare vérité quand il s’agit de filmer l’innommable, Jorge Riquelme Serrano ne transforme pas le spectateur en simple voyeur mais le place au cœur d’un moment insoutenable de vérité.
Derrière la banale photo de famille, le pire peut éclater. Un premier film solide et bien charpenté.
