La disparition d’un -très – grand

Si la scène lui tenait le plus à cœur, Michel Bouquet n’a pas pour autant délaissé le cinéma où il endossa avec une rare subtilité des personnages secrets et équivoques. Voire inquiétants, sombres, antipathiques. Il pouvait notamment incarner de redoutables bourgeois dans le cinéma des années 70, , de ces types en costard dont la froideur pouvait faire froid dans le dos. On se souvient de son rôle de policier amer et sombre dans Un condé d’Yves Boisset. Et puis, il y eut le compagnonnage avec Claude Chabrol – ils tourneront six films ensemble – qui lui offrira ses personnages les plus marquants dans La Femme infidèleLa RuptureJuste avant la nuit ou encore Poulet au vinaigre.  En 1976, il s’amusa même avec son image de notable pourri dans la comédie de Françis Veber, Le Jouet, avec Pierre Richard. L’histoire d’un homme cynique qui offre à son fils un compagnon de jeu… humain. 

À plusieurs reprises, Michel Bouquet avait été distingué par ses pairs. Au théâtre, il a reçu deux Molières du comédien en 1998 pour Les Côtelettes et en 2005 pour Le roi se meurt, sans oublier un Molière d’honneur pour l’ensemble de sa carrière en 2014. Puis il reçoit le Globe de Cristal du meilleur comédien, pour la pièce Tartuffe de Molière. En 2002, il fut récompensé au cinéma par un César pour Comment j’ai tué mon père, d’Anne Fontaine, puis en 2006 pour son interprétation étonnante d’un François Mitterrand malade dans Le Promeneur du Champ-de-Mars.

Évoquant ce parcours hors normes, il disait, sans fausse modestie : « Je suis un acteur heureux qui a toujours rencontré les gens qu’il fallait qu’il rencontre au moment où il fallait les rencontrer. » Ceux qui l’ont vu une seule fois en scène ne sont pas prêt de l’oublier.

Laisser un commentaire