Le grand cirque des nazis…

Moins convaincant ?

Parce que la réalisation est des plus soignées, et le casting solide, cette présentation baroque du monde des nazis, même à travers la vie d’un cirque dirigée par un fou total (Franz Rogowski) peut, in fine, déranger. Comment faire de belles images sur un tel thème ? Ainsi quand d’accortes danseuses ouvrent le show du cirque dans un ballet orné des insignes nazis, dans un déluge musical, on est parfois gêné par la beauté de la mise en scène.

En prime, Franz Rogowski rend presque « touchant » Frantz, ce salaud complet tant il semble perdu, rejeté par son frère, en proie à une profonde souffrance intérieure avec sa gueule qui ressemble à un masque de théâtre. Ce qui rend la chose dérangeante aussi, c’est que le cinéaste n’explique pas vraiment comment ce nazi convaincu est devenu ainsi, comment le Mal est entré dans sa vie.

Alors si l’on retrouve dans le portrait de ces minables , de ces paumés parfois monstrueux, le style de comédie italienne d’antan, ce mélange des genres peut déranger quand, dans une époque idéologiquement trouble, on fait de l’univers des nazis un grand cirque… Pour autant, celui qui fut révélé par On l’appelle Jeeg Robot, en 2015 (et qui a remporté sept David di Donatello, les César italiens) prouve qu’il a un univers bien à lui et une griffe vraiment personnelle.

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