Dans cet univers de chaleur, de soleil et de vapeurs alcoolisés, les membres de ce clan évolue dans un univers poisseux, parfois menaçant avec, en prime, la proximité menaçante de l’incendie de la garrigue qui renforce encore la couleur sanguine du ciel. Un beau travail qui est signé du directeur de la photographie, George Lechaptois.
Si les personnages ne jouent pas tous dans la mesure – Thomas Scimeca notamment campant l’ami un peu envahissant et grande gueule et qui en fait des tonnes, offrant parfois une caricature de personnage -, si l’histoire manque parfois de rebondissements et s’étire parfois paresseusement à la manière des textes de Duras, auquel on peut être plus ou moins sensible, le casting est plutôt bien tempéré et Valérie Donzelli est absolument étonnante dans le rôle de cette jeune femme attirée par le mystère de ce marin débarqué dont ne sait où. Elle fait passer bien des interrogations de Sara qui est emportée par cette passion soudaine. Dans un rôle non dénué de fantaisie, Florence Loiret-Caille apporte, elle aussi, sa petite touche de folie et d’insouciance un peu forcée eu égard à sa solitude de femme à la recherche d’un amour qui fuit.
Pour ce premier long métrage, Matthieu Rozé n’a pas choisi la facilité. Il s’en tire, malgré certaines réserves, avec les honneurs.
