Les enfants perdus de Mayotte

Pour ce tournage aventureux, le cinéaste a pu s’appuyer sur Papa Mwegne, un musicien et journaliste très apprécié dans la communauté comorienne, qui l’a accompagné tout le temps. Manuel Schapira commente : « Il nous a introduits auprès des habitants des bangas, qui nous ont alors accueillis à bras ouverts. Ce sont des lieux très abandonnés, stigmatisés par la population avoisinante. Les personnes qui y vivent ne sont souvent en contact qu’avec le personnel administratif, médical ou des militaires. Notre équipe de tournage s’est révélée être une présence différente, inhabituelle, et créer du lien a été naturel.« 

Ayant fait tourner des jeunes de l’île, rencontrés dans la rue ou par le biais d’associations, comme la Croix Rouge, Caritas ou encore la MJC de Kani-Keli, il signe un récit d’une grande authenticité. Pour l’anecdote, Fazal Bacar-Moilim qui joue le chef de clan a profité du tournage pour apprendre à lire et à écrire alors que c’est lui… qui avait le plus de texte à mémoriser.

Dans ce huit-clos dangereux, survivre est un combat quotidien comme le montre clairement l’odyssée du jeune Moïse campé avec beaucoup de conviction par Gilles-Alane Ngalamou Hippocrate. Et même si le scénario répète parfois les mêmes situations, il y a dans ce récit violent, âpre une force indéniable. De biens tristes tropiques…

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