Cinéma actualités
WOMEN DO CRY, de Mina Mileva, Vesela Kazakova – 1h47


Avec Maria Bakalova, Ralitsa Stoyanova
– Sortie : mercredi 9 mars 2022 –
Mon avis : 4 sur 5
Le pitch ?
Une cigogne blessée, une femme en pleine dépression postnatale, une jeune fille confrontée aux stigmates du VIH, une mère qui cherche un peu de magie dans le calendrier lunaire… Sœurs, mères et filles se confrontent à leurs fragilités et à l’absurdité de la vie, au moment où de violentes manifestations et débats sur le genre déchirent leur pays, la Bulgarie. D’après une histoire vraie.
Et alors ?
Dans leur premier long métrage de fiction, Mina Mileva et Vesela Kazakova signent une histoire qui stigmatise la misogynie régnante et les ravages du patriarcat. « La situation des femmes bulgares et très différente de la situation des femmes européennes. Leurs opinions et leurs comportements sont depuis toujours – et presque plus encore maintenant – soumis à la domination masculine. Dans une famille, les femmes viennent toujours en second et sont systématiquement placées dans la position de coupables, les mères en particulier. On cache cet état de fait, et on le cache si bien que c’est
comme si cela finissait par ne pas exister. Les femmes l’acceptent, et agissent souvent elles-mêmes de façon sexiste », souligne Vesela Kazakova.
À travers les portraits de différents femmes, les deux cinéastes montrent bien comment, en Bulgarie, la femme est d’abord perçue comme une mère et comment tout attitude échappant à la « conformité » est rejetée : que ce soit l’homosexualité ou le désir de changer de sexe. À travers de multiples séquences – celle de la manifestation notamment – on voit comment la société répond par la violence à des telles attitudes. Et il faut beaucoup de courage au personnage d’homosexuelles, jouée d’ailleurs par Vesela Kazakova pour afficher ses choix dans un tel contexte.
