Ainsi Aldo Naouri, le célèbre pédiatre, se souvient de sa mère qui lui parlait en judéo-libyen et qui continuait à parler, après son expulsion avec toute sa famille en Algérie, dans cette langue avec ses voisines. Or, comme celles-ci ne parlaient que l’arabe algérien, différent du sien, il se souvient des malentendus autour de certains mots qui avaient pourtant la même sonorité. Étonnante aussi les confidences d’Anna Angelopoulos, née à Salonique, et qui découvrit, à 10 ans, en écoutant en cachette derrière la porte, que sa mère s’exprimait en judéo-espagnol. Or, sa mère n’avait jamais pu lui dire qu’elle était juive et cette langue était interdite à sa fille !
Les quelques archives présentées au cours de ce documentaire montrent que si l’oral est capitale dans cette survie, il reste bien des traces écrites en caractères hébraïques. Avec des mots qui restent, Nurith Aviv nous fait plonger dans un passionnant voyage au cœur de langues en voie de disparition.
