Ils ne tournent pas pour rien

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Ils ont fait cinq films ensemble. Tandem des plus efficaces et engagés, Vincent Lindon et Stéphane Brizé évoquent avec une grande sensibilité toutes les violences sociales. On les retrouve le 16 févier avec Un autre monde où, cette fois, la caméra filme à hauteur un patron en souffrance.

Depuis Mademoiselle Chambon, une comédie dramatique très sensible sortie en 2009, Vincent Lindon, 62 ans, et Stéphane Brizé, 55 ans, font cinéma commun. Entre les deux, c’est installé une relation durable, forte. Le Prix d’interprétation si mérité à Cannes pour La Loi du marché en 2015, dans lequel le comédien campait un agent de sécurité confronté à un vrai dilemme moral, et la sélection des films dans des festivals de prestige ont boosté cette relation. Et, sans faire du cinéma-tract, le duo a exploré les voies d’un cinéma social, auscultant les blessures profondes de la société.

Avec Un autre monde, ils continuent sur cette dynamique tout en changeant de point de vue. Vincent Lindon campe un patron en pleine tempête… Philippe Lemesle et sa femme se séparent, un amour abimé par la pression du travail. Cadre performant dans un groupe industriel, Philippe ne sait plus répondre aux injonctions incohérentes de sa direction. On le voulait hier dirigeant, on le veut aujourd’hui exécutant. Il est à l’instant où il lui faut décider du sens de sa vie.

Stéphane Brizé souligne : « Le film met en scène la perte de sens de la vie d’un cadre d’entreprise qui, en même temps que son mariage s’effondre, a de plus en plus de difficultés à trouver de cohérence dans un système qu’il sert pourtant depuis des années. » « Un système dans lequel il lui devient extrêmement compliqué d’appliquer vers le bas des injonctions venues d’en haut. De nombreux cadres nous ont raconté, à Olivier Gorce mon co-scénariste et moi-même, une vie personnelle et professionnelle à laquelle ils parviennent de moins en moins à donner de sens parce qu’on ne leur demande plus notamment de réfléchir mais simplement d’exécuter. »

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