Livrés à eux-mêmes, les comédiens ont tendance à forcer le trait et un Pierre Arditi devient la caricature de lui-même, quand il multiplie les réflexions que l’absence d’un bon « poireaux-vinaigrette ». Parfois, on se demande même si Edouard Baer n’a pas laissé la caméra tourner en se disant qu’avec de tels pèlerins, il allait avoir une belle récolte d’improvisations. Cela pourrait sonner comme du Guitry, avec des piques vachardes à souhait, et cela tourne trop comme une série de brèves de comptoir qui se prennent pour des maximes philosophiques.
Certes, en vieux séducteur pitoyable, Bernard Le Coq fait un numéro pathétique de clown de la comédie italienne. Quant à François Damiens, il est aussi touchant en plasticien en mal de vraie reconnaissance et qui se sait, au fond de lui-même, artiste mineur. Pour autant, ces petits instants de bonheur de font pas un film et le spectateur finit par s’ennuyer devant ces numéros de comédiens pas vraiment dirigés. C’est alors paradoxalement dans les silences que le film surprend, notamment par le plan silencieux d’un Depardieu regardant, telle une gorgone de Notre-Dame, les toits de Paris, tout en ruminant sa solitude. Il y a avait là sans doute une des pistes les plus intéressantes du scénario et d’un film où l’humour noir aurait donné du piment à l’histoire…
Bref, cette comédie nostalgique est loin d’avoir le peps des bonnes vieilles comédies italiennes à laquelle elle pourrait s’apparenter. Sur le papier…
