Après l’échec critique et commercial de son dernier film, Mortel Transfert, en 2001, Jean-Jacques Beineix n’a plus signé que des documentaires. Il avait ainsi tourné Les Enfants de Roumanie (1992) au sujet de l’ouverture de la Roumanie après la révolution. En 1997, il avait dévoilé un autre sujet fort, Assigné à résidence, où il suivait Jean-Dominique Bauby en train d’achever la rédaction de son livre Le Scaphandre et le Papillon après être sorti d’un long coma à la suite auquel il ne pouvait plus s’exprimer qu’en clignant de la paupière gauche. Beineix s’était aussi occupé de produire des films et avait publié en 2006 son autobiographie, Les Chantiers de la gloire, en forme de clin d’œil à un classique du cinéma. En 2020, avec Toboggan, il avait publié son premier roman.
Homme des défis, malgré quelques échecs retentissants, Jean-Jacques Beineix reste le réalisateur qui a bien capté la couleur des années 1980, ces années clinquantes en temps de crise. Avec le temps, il disait aussi se considérer comme un homme blessé, une forme de mal-aimé. « Zorg et Betty sont orphelins… une des plus belles pages de ma vie vient de se tourner… Je t’aime« , a écrit comme hommage sur Instagram Béatrice Dalle en faisant référence aux personnages de 37°2 le matin.
